Jacques Chirac, le goût de l’Autre

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Les ambiguïtés d’un Président exotique

C’était sans doute l’un des aspects les plus sympathiques de sa personnalité : sa passion pour les cultures autochtones et leurs arts jadis qualifiés de primitifs. Elle ne l’empêchait de colporter des préjugés racistes à des fins bassement électorales. On se souvient de la phrase sur « le bruit et l’odeur » des immigrés, lâchée au cours d’un meeting à Orléans. Mais tout au long de ses mandats présidentiels, il s’est évertué à hisser les œuvres des peuples premiers au rang des plus hautes réalisations humaines, et sa stature politique ne l’a pas mis à l’abri des sourires condescendants qui accompagnent souvent ce genre d’engouement.

Il en avait donc fait son jardin secret, jusqu’à ce qu’un beau jour de février 1994, à l’occasion d’une exposition au Petit Palais sur les Indiens Taïnos, il fasse son coming out. Ce jour-là, celui qui n’est encore que le maire de Paris, au plus bas dans les sondages, se transforme en guide-conférencier. Il explique sur un ton à la fois docte et pince-sans-rire l’usage de spatules vomitives et de substances hallucinogènes dans les rituels shamaniques de ces Amérindiens des îles Caraïbes. Un peu plus loin, il décrit avec une précision d’archéologue des pièces trigonolithiques représentant des idoles : « Ces pièces à trois pointes indiquent très clairement le ventre et le sexe de la femme, les cuisses écartées, et la pointe du haut, le sexe de l’homme, c’est à dire un symbole de fécondité », explique-t-il à un public ébahi.

Dorénavant, sa marionnette dans les Guignols de l’Info sur Canal + n’apparaîtra plus en survêtement, une canette de bière à la main, mais en Grand chef indien. Bien plus tard, un masque japonais issu du théâtre Nô sera exhumé des réserves d’un musée de Toulouse, et son incroyable ressemblance avec la caricature de Jacques Chirac fera un tabac sur internet. L’amoureux des peuples lointains a donc un double exotique ! Cette pièce sera exposée en 2016 au Musée des arts premiers du quai Branly, lors d’une exposition consacrée à l’ancien Président.

masque Masque de démon japonais du XVIIIème siècle

Ce musée parisien, paquebot multicolore de l’architecte Jean Nouvel posé sur les rives de la Seine, inscrit désormais l’héritage de Jacques Chirac dans le paysage de la capitale. Cet espace, destiné à mettre en valeur les œuvres des civilisations extra-européennes, il le voyait comme un hommage unique à toutes ces cultures disparues, oubliées, et trop souvent méprisées. Lors de son inauguration en juin 2006, il définissait ainsi la place que ce musée devrait occuper dans l’univers culturel : « En montrant qu’il existe d’autres manières d’agir et de penser, d’autres relations entre les êtres, d’autres rapports au monde, le musée du Quai Branly proclame qu’aucun peuple, aucune nation, aucune civilisation n’épuise, ni ne résume le génie humain. Et c’est seulement dans leurs expressions toujours renouvelées que s’entrevoit l’universel qui nous rassemble ».

Une profession de foi qui ne lui évitera pas certaines critiques, surtout aux Etats-Unis où l’ex chef d’Etat français était peu apprécié depuis sa prise de position en 2003 contre l’aventure militaire en Irak. Sur son site internet, le magazine Art News parlera de l’« ouverture controversée », d’un musée aux « relents de colonialisme et d’impérialisme ». Pour certains, il véhicule en effet l’image de continents sauvages, exubérants et primitifs. De plus, ce musée abrite la majeure partie des oeuvres d’art africain détenues dans les collections publiques françaises, et cet héritage colonial fait polémique, depuis qu’Emmanuel Macron a ouvert le débat sur la restitution des biens culturels provenant des anciennes possessions françaises.

La passion de Jacques Chirac pour les cultures non occidentales allait parfois bien au-delà d’un simple attachement de collectionneur et il semblait parfois vivre cet art dans sa dimension mystique. Le jour de l’inauguration du musée, devant un buste maya, il demanda à Rigoberta Menchu, sur un ton très sérieux, si elle ressentait toujours de l’énergie en présence de cette divinité. Nul ne sait s’il plaisantait ou s’il était sincère, mais l’Indienne guatémaltèque, prix Nobel de la Paix, lui répondit par un « oui » qui se voulut convainquant.

Aillagon-Chirac-a-tente-de-donner-corps-a-ses-reves Rigoberta Menchu et Jacques Chirac lors de l’inauguration du musée

Le projet d’un musée rassemblant des œuvres culturelles non occidentales remonte à une rencontre fortuite, l’été 1992, sur une plage de l’île Maurice. Jacques Kerchache, grand collectionneur, spécialiste des arts premiers, se permet de troubler le repos de l’homme politique, assis sur un transat à quelques pas de lui. Il lui fait part de son étonnement lorsqu’il a vu en photo l’ouvrage qu’il a coécrit sur l’art africain, posé bien en évidence sur le bureau du maire de Paris. – C’était pour la mise en scène ou vous vous y intéressez vraiment ?, lui demande-t-il. – Votre livre, je l’ai lu au moins trois fois, lui répond Jacques Chirac. L’anecdote est rapportée par Germain Viatte, directeur du projet muséologique du quai Branly. De cette rencontre nait d’abord une amitié indéfectible. Jacques Kerchache explique son combat pour faire entrer les cultures non occidentales au Louvre. Jacques Chirac, convaincu qu’il n’existe pas plus de hiérarchie entre les arts qu’entre les peuples, approuve à cent pour cent. De retour à Paris, le collectionneur et le politique, main dans la main, mettent en chantier un certain nombre de projets, d’abord l’exposition du Petit Palais sur les Taïnos, puis à partir de l’élection de Jacques Chirac à la Présidence en 1995, l’ouverture d’une section au Louvre consacrée aux arts d’Afrique, d’Asie, d’Amérique et d’Océanie, jusqu’à la création du musée du quai Branly.

L’origine de cette admiration pour les arts premiers ? Dans ses Mémoires, Jacques Chirac raconte que, lycéen, il séchait les cours pour passer des après-midi entières dans les salles du musée Guimet des arts asiatiques. Devant des statuaires bouddhiques, il méditait sur l’éveil de Siddharta et s’imprégnait du « génie de civilisations majestueuses ». Il songea même à se convertir à l’hindouisme.

Devenu une personnalité politique, sa passion secrète n’était connue que de ceux qui pénétraient dans son bureau et découvraient alors quantité de statuettes africaines, de coupes anthropomorphes et de fétiches. « Tristes tropiques », le livre de Claude Lévy Strauss dans lequel le grand ethnologue mêle impressions de voyages et réflexions philosophiques sur les civilisations non occidentales, faisait partie de ses livres de chevet. Jacques Chirac s’était également lié d’amitié avec l’ethnologue Jean Malaurie, le fondateur de la collection Terres humaines, qui l’a initié au monde inuit. Selon Stéphane Martin, qui dirige actuellement le musée du quai Branly, l’ancien Président était particulièrement pointu sur le monde arctique, le Congo et le Nigeria.

Mais cet intérêt pour les peuples autochtones n’était pas dénué d’ambiguïté politique. D’abord, celui qui relancera les essais nucléaires dans le Pacifique ne partageait certainement pas leurs conceptions de la Nature. D’autre part, sa défense des droits des peuples indigènes s’arrêtait aux limites du territoire français.

Lorsqu’il se rend au Canada en 1999 pour un sommet de la Francophonie, il est le premier chef d’Etat à rendre visite aux Inuits du Nunavut, qui viennent d’obtenir leur autonomie. Devant une assemblée de leaders amérindiens, il n’hésite pas à saluer ce processus d’autodétermination. « Ce souhait des Inuit d’être enfin reconnus, de maîtriser leur destin, de garder leur culture, nous français nous le comprenons, et nous le soutenons », déclare-t-il. Pourtant, même sous son mandat, la France n’a pas signé la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail, qui consacre les droits des peuples indigènes, et refuse toujours de le faire.

En 1996, le Président Chirac organise une grande rencontre avec les peuples Amérindiens. Des représentants de 150 communautés sont accueillis en France et invités à l’Assemblée nationale ainsi qu’au palais de l’Elysée. Une cérémonie est même organisée pour apaiser les esprits des Indiens de Guyane envoyés près d’un siècle plus tôt à l’Exposition universelle, exhibés comme des bêtes de foire au Jardin d’Acclimatation et jamais revenus chez eux.

Jean-Claude Monod, directeur à l’époque de l’ONG Survival France, relate dans un article le malaise qui s’est emparé alors d’une partie des participants. « Le document de présentation de la rencontre, écrit-il, insistait sur le fait qu’elle devait revêtir un « caractère strictement culturel », traduisant l’embarras des organisateurs concernant la reconnaissance politique des droits des peuples autochtones ». Léon Bertrand, député RPR de Guyane et un des initiateurs de l’événement, révèle même au cours d’un point de presse les vrais objectifs de cette rencontre : selon lui, il s’agit de faire en sorte qu’en reconnaissant culturellement ces communautés, on fasse cesser les revendications politiques « agressives » de certaines d’entre elles. Cette « agressivité », il l’attribue alors à l’accroissement des contacts entre les organisations amérindiennes de Guyane et d’autres organisations indigènes d’Amérique latine. Les représentants de certaines communautés de Panama, de Colombie et d’Equateur, ne manqueront pas de manifester leur déception au cours d’une conférence commune organisée en marge de la rencontre.

Jusqu’où allait ce goût de l’Autre ? Jacques Chirac était un défenseur du multiculturalisme et l’avait montré, à travers son projet de faire de la chaîne France Ô le reflet de la diversité culturelle française. Avait-il évolué vers une conception plus politique du droit à la différence ? L’ancien Président n’a pas dévoilé tous ses secrets, et il emporte ses contradictions dans le monde des esprits, où il est allé rejoindre ses frères Inuits.

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Et si les Incas avaient colonisé l’Europe …

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Dans son dernier roman, « Civilizations », Laurent Binet s’amuse à saper les bases de la mondialisation occidentale. Et nous fait rire par la même occasion.

Et si …. C’est ainsi que démarrent toutes les uchronies, ces histoires inversées où les événements prennent une autre tournure que celle qui façonne notre passé. Celle de Laurent Binet manquait tellement à la liste des fantaisies historiques déjà écrites, qu’à peine publiée, je me suis précipité chez le libraire, avec la curiosité gourmande de celui qui va découvrir ce que l’imagination de l’auteur a bien pu inventer pour décrire un monde qui ne serait pas tel qu’il est, mais plutôt tel qu’il aurait pu être, et le secret désir de m’évader d’une civilisation occidentale globalisée, assise sur près de cinq siècles de domination coloniale.

Lire une uchronie, c’est un peu comme jouer à se faire peur, surtout lorsqu’elle raconte la victoire de l’empire du Mal sur notre monde à nous, forcément dans le camp du Bien. Un frisson nous parcourt en lisant par exemple « Le maître du haut château », de Philippe K. Dick, qui renverse l’issue de la Seconde guerre mondiale, ou encore « Le complot contre l’Amérique », de Philip Roth, qui part de la victoire imaginaire de Charles Lindberg, antisémite notoire, à l’élection présidentielle de 1940, pour décrire une Amérique qui mènerait une politique anti-juive et signerait un pacte de non agression avec Hitler.

Mais dans le cas de « Civilizations », aucun risque d’épouvante, puisque la réalité dépasse en horreur la fiction : en Amérique, 56 millions d’autochtones ont disparu suite aux massacres et aux épidémies propagées par les colons, tandis que 11 millions d’Africains ont été réduits en esclavage. Les auteurs des pires atrocités et les génocidaires sont les vainqueurs de l’histoire, tandis que les vaincus, les peuples amérindiens restent auréolés d’une sagesse et d’une grandeur d’âme qui n’a jamais pu se déployer, mais que l’on redécouvre aujourd’hui, à la faveur de la crise écologique mondiale.

On a plutôt envie de sourire en lisant les mésaventures de Christophe Colomb en Amérique, et l’épopée triomphante de l’Inca Atahualpa, dans une Europe du XVIème siècle désarticulée par l’arrivée de cet envahisseur. On se laisse aller à un sentiment de revanche rétrospective et on se met à crier : « bien fait pour eux ! ». Même si le plaisir est teinté d’une légère déception, d’un regret de ne pas voir l’uchronie se transformer en utopie qui jetterait les bases d’un monde meilleur. Dans « Civilization », je m’attendais à lire l’historiographie fictive d’une alternative andine à la société occidentale actuelle, dans laquelle le pillage des richesses naturelles, le règne de la propriété capitaliste, et la mise en coupe réglée du monde par la raison utilitaire, n’auraient pas fait les ravages que l’on connait. Il n’en est rien.

Laurent Binet donne à peine un avant goût, dans les toutes dernières lignes, de la société heureuse qui aurait pu naître si … Si Christophe Colomb n’avait pas enclenché un cycle d’extermination des Indiens d’Amérique, décrit quelques années plus tard par le frère Bartholomé de la Casas dans sa « Très brève relation de la destruction des Indes ». A la fin du livre, l’un des protagonistes se retrouve à Baracoa sur l’île de Cuba, carrefour des deux mondes, ville de palais regorgeant de richesses, où l’ « on y parlait toutes les langues, on y aimait toutes les femmes, on y priait tous les dieux », mais on y reste un peu sur sa faim.

Pour l’essentiel, l’action du roman se déroule au Siècle d’or, dans une Europe en pleine effervescence, et dans un passé plus lointain que Laurent Binet s’emploie à modifier, dans le but de poser les éléments susceptibles de faire basculer l’histoire dans un autre sens. Qu’aurait-il fallu pour que la victoire des Hispaniques sur les peuples d’Amérique ne soit pas si facile ? Trois choses : le fer, le cheval, et les anticorps. A partir de là, l’auteur imagine un prolongement des sagas nordiques déjà écrites, et à la suite d’Erik le rouge, fait descendre une expédition viking plus au sud que le Vinland dans l’actuel Canada, où il est maintenant prouvé que les navigateurs scandinaves ont établi une petite colonie aux alentours de l’an 1000.

A la découverte de cet argument, on frémit : Laurent Binet va-t-il réactiver le mythe aryen d’une dispersion planétaire de grands blonds aux yeux bleus, « race supérieure » sans laquelle, selon les nazis, aucune grande civilisation n’aurait pu voir le jour ? Heureusement, il évite cet écueil. La saga de Freydis Eriksdottir, fille imaginaire d’Erik le rouge, ne sert qu’à apporter sur le nouveau continent les trois éléments matériels nécessaires au retournement de l’histoire. Quant à la petite troupe de Vikings, menée par cette femme intraitable, elle disparaît après maintes péripéties au beau milieu des Andes et se dilue dans la population locale, ne laissant sur son passage que quelques chevaux que les Amérindiens apprennent très vite à maîtriser, quelques forgerons aux cheveux rouges et des gènes supplémentaires, qui leur permettront plus tard de résister aux invasions microbiennes.

Sur le plan formel, Laurent Binet utilise les procédés narratifs de l’époque, qu’il détourne de leur objet initial. Après la saga, le lecteur est plongé dans le journal de bord de Christophe Colomb, mais au lieu de faire le récit des premiers établissements espagnols dans les Indes occidentales, le « découvreur de l’Amérique » rend compte de la résistance inattendue des Taïnos, de la perte de tous ses hommes et de sa fin pathétique, dans un village indien, où il est contraint d’errer nu et abandonné de tous.

Viennent ensuite les Chroniques d’Atahualpa sur le modèle de celles d’Hernan Cortés et d’autres conquistadors, sauf que cette fois, le Nouveau Monde n’est pas l’Amérique, mais l’empire de Charles Quint, transformé pour l’occasion en Cinquième quartier de Tahuantinsuyu. Le genre épistolaire est également convoqué dans des correspondances imaginaires entre les philosophes Erasme et Thomas More, sur les avantages comparatifs du polythéisme inca et de la religion du « dieu cloué », pratiquée par de vieux Chrétiens sur la défensive. Enfin, le roman se termine par les aventures picaresques de Miguel de Cervantès, qui échappe de justesse au sacrifice humain sur une pyramide, alors qu’il est détenu à Bordeaux par les hommes de Cuauhtemoc, allié mexicain de l’Inca et conquérant du Royaume de France.

Par facilité peut-être, Laurent Binet ne procède qu’à des effets de miroir par rapport aux événements et personnages historiques ayant véritablement existé, sans pousser trop loin les conséquences du bouleversement qu’aurait supposé la domination inca et aztèque sur l’Europe occidentale. Ainsi, le Charles Quint de « Civilizations », au lieu de faire prisonnier François 1er au cours de la bataille de Pavie, est lui-même pris en otage par Atahualpa. Le roi d’Angleterre Henri VIII, cherchant à faire annuler son mariage, ne se détourne de la Papauté que pour se convertir à la religion du Soleil. Et la bataille de Lépante, choc naval titanesque entre deux empires, aura bien lieu, mais pour voir s’affronter la coalition islamo-chrétienne à l’armada hispano-inca, appuyée par la flotte franco-mexicaine.

L’imagination commence vraiment à prendre son envol lorsque, à partir du modèle socio-politique inca, l’auteur extrapole et invente les événements qui auraient pu découler des révoltes paysannes contre les seigneurs féodaux dans l’Europe du XVIème siècle. Ainsi, Atahualpa, en tant que digne représentant d’une forme de socialisme andin, se porte au secours du peuple en lutte et conquiert des territoires avec la facilité d’un Libertador. Le Saint Empire lui tombe littéralement dans les bras, et pour le plus grand bonheur de ses populations, il rétablit les terres communales, rend aux villageois l’usage des eaux et des forêts, que la noblesse s’était accaparées pour son profit exclusif, sans omettre d’instaurer une pratique raisonnée de la chasse, qui rappelle à certains égards la gestion écologique d’aujourd’hui. La dîme et autres impôts sont abolis, puisque l’empire inca regorge d’or. En contrepartie, chaque habitant du Cinquième quartier est assujetti à la mita, une sorte de service civique obligatoire imposé à chacun selon ses compétences pour le bien de la collectivité. On se plaît à rêver, à la place d’une mondialisation capitaliste à bout de souffle, à une évolution, aux siècles suivants, vers une forme de régime communiste universel, tempéré par les idées humanistes de penseurs européens comme Montaigne, que Laurent Binet convoque dans la dernière partie. Mais ce n’est pas le sujet du livre.

Au bout du compte, le plaisir intellectuel que procure ce roman est du même ressort que le jeu vidéo éponyme dont l’auteur s’est peut-être inspiré. Dans « Civilizations », Laurent Binet joue à bâtir et détruire des empires comme on manipule des pièces sur un plateau d’échecs. Il nous fait prendre conscience de la fragilité des civilisations et nous rappelle qu’il s’en faut d’un rien pour que certaines puissances hégémoniques basculent du mauvais côté de l’histoire.